we can do it

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En voilà un titre étrange! C'est un article que j'ai, longtemps, voulu écrire, pourtant je l'ai souvent repoussé par flemme de prendre le temps de poser des mots. Ecrire sans basculer dans le nian-nian. Ecrire un exutoire. Ecrire pour exprimer à d'autres (que mon entourage) ce fait. Ecrire, juste écrire.

Ca y est! Nous y voilà! Nous sommes en 2020. Il y a 20 ans, je donnais la vie pour la toute première fois. Qu'est-ce que le temps file vite! Je suis née femme, il y a près de 42 ans (ouep! Je n'ai aucune gêne à indiquer mon âge. C'est moi et j'en suis fière!). De ce constat, on m'a laissé pousser les cheveux pour l'acter. Très jeune, on m'a percé les oreilles (dans le salon, à l'aiguille) sans m'expliquer pourquoi. Je savais juste que ça faisait "joli" pour les filles. Joli pour qui? Je suis devenue pubère avant d'être âgée de 2 chiffres. Avec mes olives en guise de poitrine, j'ai reçu mes premiers soutifs.

Pour quoi faire?

Bah parce que les filles portent "ça"!

Lorsque ma poitrine a commencé à pousser, elle était très sensible. Le moindre tissus faisait mal. Mon sens de l'équilibre en était modifié. Je me cognais un nombre incalculable de fois. J'étais gênée dans mes mouvements, gênée par mon corps qui se modelait. Mes hanches changeaient. Mon postérieur changeait. Je n'étais qu'une enfant. On ne m'expliquait rien. On me fournissait les vêtements et chaussures. Je me sentais "grande", femme....encouragée par des :

  • "Tu es belle!"
  • "Ma beauté".

scandés par un entourage masculin trop collant.

J'ai porté mes premiers talons fin du primaire. Je me suis maquillée au collège. Je revois ce "moi" aujourd'hui, pffff.....on dirait un sapin de Noël. J'ai grandi en pensant qu'une fille/femme devait porter des soutifs, se tartiner le visage, porter des talons, ressembler à un arbre de Noël. J'ai grandi en pensant qu'une fille/femme devait user d'artifices pour être "regardable/potable/belle". Mais pour qui?

Avec ma pilosité dense, on me disait qu'il fallait raser mes aisselles, jambes et maillot (pour la piscine) parce que les poils c'est moche. Mais pour qui?

Puis je suis devenue mère. Pendant la naissance, j'ai subi une épisio sans consentement, sans avertissement. Mon corps ne m'appartenait plus. J'étais "untel" en salle 2. Alors que le chirurgien me recousait, il expliqua à mon époux que ce serait sensible pour quelques temps. Mon corps ne m'appartenait plus.

C'était normal de grossir pendant la grossesse, mais à peine accouchée il était préférable de songer à retrouver la ligne. Mais pour qui?

En visite post-partum après la naissance de mon premier, le médecin me parla de retour de couches et de quand mon époux et moi pouvions reprendre les rapports, parce que ça pouvait faire long pour lui. Oui, et ? 

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Puis je suis devenue mère de filles et j'étais bien décidée à ce qu'on ne les transforme pas en mini-femmes. Le premier truc qui m'avait remué était de découvrir le rayon des maillots de bain fille. Dès 3 mois, on trouvait des maillots 2 pièces. Comment peut-on fabriquer/vendre un soutif pour bébé de 3 mois? Comment peut-on sexualiser à ce point un bébé? J'en ai entendu des :

"C'est joli! C'est trop mignon! Elle est trop belle avec!" (donc "sans" elle est moche?)

OK, donc elle est jolie, trop mignonne, trop belle....... pour qui?

Lorsque j'ai voulu devenir pompier, j'ai du passer un examen médical dans un centre spécialisé. La femme en poste m'examina et lut mon dossier. A l'évocation de ma poitrine, elle me sortit d'un coup :

"Ahhhhhh, mais c'est monsieur qui doit être content!",

ce à quoi je lui ai répondu:

"Pourquoi? Mes seins m'appartiennent! "

Mon corps ne m'appartiendrait donc pas, même aux yeux d'une femme?

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A l'approche de la puberté de mes filles, je me suis remémorée ma propre puberté, l'absence d'accompagnement dans cette modification physique et psychique, la difficulté à accepter ce corps changeant, le regard des autres, etc..... C'est là que j'ai pris conscience de l'importance de mon rôle de parent dans la liberté d'être de mes enfants. Chaque mot, chaque geste a une importance capitale dans leur construction d'être. Si je souhaite que mes filles et mes fils s'acceptent comme ils sont, il était temps que j'envoie paître les critères imposés par la société qui me disent comment JE dois être....... pour qui?

Ainsi, je ne porte plus de soutifs depuis près de 3 ans. Ma poitrine bien que lourde se porte à merveilles. Adieu les douleurs et inconforts des bretelles sur mes épaules. Adieu la question futile d'accorder le haut et le bas. Adieu les soutifs dont on ne trouve QUE du rembourré en magasin. Mais pour qui/quoi rembourrent-ils ces soutifs? Adieu les maillots 2 pièces qui ne servent qu'à couvrir des tétons, une raie et des lèvres. Que ce soit pour le sport, ou la vie de tous les jours, ma poitrine est libre. Pourquoi devrait-on cacher les tétons? Les hommes cachent-ils leur proéminence en la coïnçant dans l'entrejambe? Utilisent-ils des soutifs d'entrejambe? Les hommes cachent-ils leurs tétons?

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Mes filles n'ont pas à connaître soutifs/brassières pour être fille.

Je ne me teins plus les cheveux depuis des années. Après tout ça sert à quoi? J'ai 42 ans, une grande famille et des cheveux blancs. So what??? Mes filles n'ont pas à entretenir leur chevelure d'artifices pour être fille.

Je ne porte plus de collants/bas depuis près de 3 ans. Les bas ça sert à quoi? Unifier la couleur des jambes? Masquer les imperfections de peau? Les bas c'est pourri! Ca file, c'est plastoque, c'est nul. Pourtant je suis en robe et jupe TOUTE l'année depuis 20 ans (par choix). Je n'ai aucun pantalon/short/salopette/legging car c'est inconfortable. Je ne me sens pas libre de mes mouvements avec. Ca moule, ça sert, ça cisaille la mounette. Sans parler des fameux slips spéciaux pour pantalon (les trucs pour ne pas laisser de traces de sous-vêtements). Même si je suis en robe et jupe toute l'année, je suis frileuse. Pour y remédier, je porte de quoi chauffer les extrémités. Mes filles n'ont pas à porter de collants/bas pour être fille. Et encore moins à porter des robes/jupes.

Je porte robes et jupes parce que je l'ai choisi. Personne n'a à m'en dicter la longueur. Mes filles n'ont pas à craindre d'en porter. ni mes fils

J'ai du poil. Aux aisselles, il régule ma température en fonction de la météo. Ca ne pue pas! Ce n'est pas crade! Les hommes en ont aussi. Pourquoi ce serait plus crade sur une femme? Ce n'est pas comme si à la naissance, j'avais choisi d'en avoir. De toutes façons, si j'avais voulu être un homme, j'en aurai eut aussi. Mes jambes sont poilues et je n'en suis pas moins femme. Les hommes en ont aussi. Pourquoi les femmes n'en auraient pas? C'est génétique. Comme la grande majorité des mammifères, hommes et femmes sont poilus. Qui a défini à partir de quand une fille/femme doit ôter son poil? Une enfant de 8-10 ans devrait-elle s'épiler pour que ça fasse "joli" (pour qui?)? Une mamie de 80 ans devrait-elle s'épiler? Y-a-t-il une tranche d'âge où le poil féminin est toléré et une autre où il est proscrit? Qui est l'andouille qui oserait s'aventurer sur le terrain de l'intimité dans un couple simplement parce qu'une femme a du poil? Rien à fiche de tout ça! Mes filles n'ont pas à connaître l'épilation pour être fille.

julia roberts

Julia Roberts

En 2019, je me suis maquillée 1 fois...au Réveillon de Noël. J'ai tenu 2h, puis je me suis débarbouillée. Je n'utilise pas de mascara, juste une palette de nude, un rouge à lèvre/fond de teint et un stick anticerne. J'avais le sentiment d'avoir une couche de peinture sur le visage. Je sentais mes pores recouverts. C'était désagréable....ce n'était pas moi au quotidien. Mes filles n'ont pas à connaître le maquillage pour être fille.

Je préfère coudre mes vêtements, car ceux du commerce sont moulants, échancrés, rembourrés comme pour dessiner les traits d'un corps que quelqu'un a estimé être féminin. Ma féminité ne passe pas par ce qu'on aimerait que je sois. Ma féminité je la choisis. Mes filles n'ont pas à connaître les dictats des critères physiques pour être fille.

Je suis née femme et personne n'a à me dire comment l'être. Ni les pubs, ni les magasins, ni les livres, ni les "influenceurs"....personne. Mon corps m'appartient. Il n'est la propriété de personne. Les Barbaloulous le savent pour eux aussi, car je les encourage à être qui ils sont, à ce que leur corps n'appartienne qu'à eux. Qu'ils se sentent fille, garçon, homme, femme, ils sont mes enfants que j'aime pour toujours.

Tant pis si ça fait girl power! J'assume! D'ailleurs les Barbagirls ont lu ces livres qu'elles ont adoré ("Culottées" pour la grande et "Histoires du soir pour filles rebelles" pour les plus jeunes). De quoi découvrir le destin de grandes femmes à travers l'Histoire.

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N'hésite pas à commenter, car tu le sais.....ça fait toujours plaisir d'interagir dans les deux sens ;) !

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