Alors que la 2è semaine, depuis notre non-rentrée, s'achève....j'ai envie de poser des mots sur des maux. Bien que j'approche de la décennie à instruire les Barbaloulous, je me définis comme étant une éternelle novice en IEF (Instruction En Famille). J'apprends TOUS les jours, et je revois/cherche à améliorer mes "méthodes" chaque année. Depuis le début, je me retrouve à essuyer le "regard" que portent "les autres" sur mon instruction.

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L'académie/ l'inspection :

Avec la nouvelle loi, faisant passer l'instruction obligatoire de 6 ans à 3 ans, on verra bien ce que cela donnera. Jusqu'à présent, les contrôles du niveau primaire se sont toujours déroulés "facilement". Le tout tout premier servant à poser les bases pour les prochains. On s'en fait une montagne, alors qu'au final c'est "finger in the nose". Quelque soit la méthode d'instruction choisie par la famille, le premier sert de base. Pour les suivants, au fil des contrôles, on "bénéficiera" toujours d'une remarque pour mieux faire. Le truc qu'on ne voit pas venir....le truc presque inimaginable......le truc tout con qui pourrait presque ruiner la fierté que t'avais à exposer ce que tu as mis en place pour l'année. Je me souviens d'une année, où la table était jonchée de cahiers remplis, rangés par matière instruite....à peine feuilletés pour certains, quand soudain l'inspection me dit : 

"Pour la géométrie, ce serait bien que la prochaine fois, vous preniez des photos de votre enfant, afin que je puisse constater qu'il utilise les outils géométriques!"

Intérieurement, sur le coup, je crois bien que j'étais ainsi :

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Ayant des instits dans la famille, j'ai été rassurée, par la suite, d'apprendre qu'ils font face à des remarques du même acabit. On en avait conclu, que quoiqu'on fasse, même le top du top en high level, on recevra toujours une remarque pour mieux faire. L'inspection NOUS contrôle parce qu'ELLE sait, et NOUS apprenons. CQFD

Plus j'avance dans les niveaux d'instruction, plus l'inspection attend de l'excellence de ma part. Pas le droit au doute, pas le droit à l'erreur! 

Fut un temps, j'avais supprimé la physique-chimie du programme de niveau collège, parce que c'est une matière dont on s'en fichait et parce que je n'avais nullement envie d'investir dans du matos "de la mort qui tue". Si en maternelle et primaire, c'est un(e) seul(e) instit' qui assure l'instruction (2, s'ils sont en mi-temps) des différentes matières en classe, il y en a un(e) par matière au collège et lycée. J'assure donc l'instruction de 7 à 10 matières, pour le niveau collège/lycée. Je me prépare en amont, établis une programmation, ajuste les sujets en fonction du matériel dont nous disposons, et trouve de nouveaux supports.

Pourtant, elle m'a dit un jour :

"S'il existe des écoles pour former les professeurs, ce n'est pas pour rien! Chacun son métier! On ne s'invente pas prof!"

Ce qui n'est même plus un sous-entendu pour me faire comprendre, que si je ne suis pas capable d'instruire avec excellence de résultats toutes les matières, c'est parce que je ne suis QUE leur maman.

Après tout c'est logique, non?

Si je me cogne le pied dans un fichu meuble, c'est chez le podologue qu'il serait logique de le montrer.

Si je sens un début d'otite qui tiraille, c'est chez l'ORL qu'il serait logique de consulter.

Si je sens que ça picote quand j'urine, c'est chez le gynéco qu'il serait logique de consulter.

Si je suis constipée, c'est chez le gastro qu'il serait logique de consulter.

Pas une fois, je songerai au généraliste, hein! Pas une fois, je mettrai une compresse de glaçons sur mon pied, une bouillote de noyaux de cerises chaude sur l'oreille. Pas une fois, je boirai des litres d'infusion pour uriner plus. Pas une fois, je changerai mon alimentation pour pouvoir éliminer mes selles plus facilement.

Bien entendu, s'il existe des écoles pour former les spécialistes, ce n'est pas pour rien! Chacun son métier! On ne s'invente pas "spécialiste"! C'est vrai quoi! Si tout le monde commençait à se connaître pour remédier à des soucis simples....où irait le Monde? Ce serait l'anarchie totale! C'est pour cela qu'il existe une case pour une place. C'est plus simple, plus logique!

Alors, quand je reçois le courrier de l'académie avec les certificats d'IEF pour l'année, accompagnés des nouveaux avertissements liés aux nouvelles lois, faut pas que je m'étonne de lire :

  • les peines encourues si je ne déclare pas dans les temps l'IEF
  • les amendes encourues
  • les menaces
  • la possibilité d'un contrôle inopiné sans aucun détail de modalités (Ca, c'est franchement nouveau! Je ne sais pas pourquoi,mais je trouve que ça pue! Voilà c'est dit! En même temps, je ne vois pas l'inspection débarquer un jour, du genre : "Hello c'est moi, je viens contrôler!", au risque de trouver porte close.)
  • etc...etc....

Puisque je n'entre pas dans la case, il est logique que j'en assume les conséquences. Après tout :

{" C'est moi qui l'ai voulu!"}

L'entourage (famille/amis) :

Depuis que mon entourage sait que je suis l'instructrice des Barbaloulous, on dirait qu'il suit une saga (type Game of Thrones) de plusieurs saisons. Au tout début, avec le niveau maternelle, ça lui semblait logique.

Beaucoup d'enfants + course à droite-gauche + connait bien les petits = sait gérer

Avec le niveau primaire, vint la lourde tâche d'instruire la lecture. Admiratif, il me met dans la case "Queen of the year", car j'ai atteint un niveau difficile. Ils sont nombreux à estimer qu'il faut de la patience et du courage (ou juste un diplôme), pour instruire la lecture à son enfant. Une fois le cap "lecture" atteint, le regard porté sur l'IEF devient plus dur. Avant c'était compréhensible avec ma "situation" (famille nombreuse, jeunes enfants). Accouchements naturels, allaitements, couches lavables, etc.... l'IEF de maternelle et primaire, faisait partie du "package" de ma "lubie". Un peu comme s'il y avait une échéance dans le temps où ça me passera.

Vint le niveau collège, où j'entre dans la case "mère surprotectrice". Celle qui "empêche" ses Barbaloulous de vivre la "vraie vie". Celle qui les empêche de se confronter:

  • au harcèlement,
  • aux jugements,
  • aux moqueries/humilations
  • aux "évaluations" de connaissances/ niveau intellec',
  • aux comparaisons

Celle qui les empêche de se préparer très tôt, à la vie professionnelle. Pour l'entourage, il est nécessaire de :

  • se lever très tôt pour plus tard
  • se confronter au stress du transport en commun pour plus tard
  • vivre le stress des épreuves notées pour plus tard.....le fameux BAC (ahhhhhh ce BAC qui te définira pour toujours, cher petit Padawan!!) avec en prémices le DNB
  • se mélanger aux autres du même âge (parce qu'on sait tous qu'au boulot, on a tous le même âge....évidemment!)
  • être aux ordres de quelqu'un
  • être assis dans une petite pièce à faire la même chose, en même temps, qu'une trentaine d'autres
  • que tout le monde sache quelle est la valeur intellectuelle chiffrée, à laquelle on est "rangés" (notation)

Vint enfin, le niveau lycée. Là, je passe directement dans la case "folle à lier". Je deviens celle qui ruine toutes les chances d'avenir des Barbaloulous. Bien que je les ai portés des mois au creux de mes reins, que je les ai accompagnés depuis leur naissance dans leurs apprentissages, instruire le niveau lycée relève d'une folie.

Que je passe des semaines/mois estivaux à préparer l'année d'instruction à venir, c'est mon problème! 

Que je me ruine en manuels pour coller aux réformes, sans aides financières, c'est mon problème!

Que je me sente nullissime, parce que depuis la non-rentrée, je n'ai pas encore trouvé mon rythme/organisation pour instruire sereinement le multiniveau, c'est mon problème!

Que je sois si fatiguée de ce rythme/organisation non trouvé, que j'en ai des cernes....un bouton de fièvre.....une envie de chialer à tout va, c'est mon problème!

Que je découvre en cours de route, un nouveau trouble Dys- chez un Barbaloulou, que personne n'avait remarqué auparavant, et que cela me demande de revoir TOUT ce que j'avais mis en place durant l'été, c'est mon problème!

J'ai choisi l'IEF, donc je n'ai pas à me plaindre. Je n'ai pas à être fatiguée/épuisée. Je n'ai pas à avoir envie de chialer. La solution est toute simple pour remédier à mes "problèmes". A défaut :

{"C'est toi qui l'as voulu!"}

Les autres :

Les autres sont une sorte de combo avec l'académie/inspection et l'entourage. Les autres savent. Ils savent mieux que toi-même, ce qui est bon pour TES enfants. Les autres ont TOUJOURS une connaissance de machin, amie avec trucmuche, croisée du côté de Germaine à qui il est arrivé ZE truc, qui en fait une généralité absolue. Pour les autres, t'es juste une illuminée sectaire qui se donne un genre. Après tout, t'as déjà l'étiquette de la famille nombreuse....t'es VG....ton potager est en perma....tu bouffes "bio"....alors l'IEF, c'est LE truc qui fait qu'ils éviteront soigneusement de mélanger leur progéniture à la tienne. C'est vrai quoi? Des fois que ce serait contagieux ce truc!

Généralement, lorsqu'on ne sait pas trop ce qu'est l'IEF, on imagine à tord que cela nécessite un diplôme de ouf, trop méga élevé....un QI high level et un savoir à faire pâlir Diderot. Pourtant rien de cela n'est vrai! Disons que la seule condition, pour pouvoir instruire ses propres enfants est de ne pas avoir d'altération de nos capacités mentales. 

Les autres trouvent que tu as fait de tes Barbaloulous des enfants rois. Ils trouvent que tu les empêches de vivre la "vraie vie", que tu les rends incapables de se bouger le popotin. Ils trouvent que tu es leur esclave, que tu n'as pas su couper le cordon, que tu es égoïste. Les autres disent que cette "nouvelle mode" d'éducation ne rend pas service aux jeunes d'aujourd'hui. Ils disent qu'une bonne tarte dans la poire, ça ne fait pas de mal, car ça remet les idées en place et qu'ils sont la preuve qu'on n'en meurt pas. En fait, comme ils peuvent en attester/parler, ce n'est pas grave! Pas de quoi en faire toute une histoire. C'est vrai que ceux qui en sont morts, n'ont pas l'occasion d'en parler! Logique! Les autres feront des mains et des pieds pour trouver le dernier Iphone à leur progéniture, chercheront au meilleur prix des sacs Eastpak, vendront un rein en fringues Ellesse, Adidas et compagnie. Après tout, ils ont bien le droit de faire plaisir à leur progéniture! Les temps sont suffisamment durs comme ça, pour ne pas se faire de petits plaisirs! Ils seront les premiers à râler qu'untel est collé sur son smartphone, au lieu d'aider à la maison. Les premiers à râler que durant les vacances scolaires, leur progéniture "grasse mat'" et que durant la période scolaire, il faille la "booster". Les premiers à trouver "difficile" que leur progéniture soit en vacances, et "libérateur" qu'elle soit à l'école. Les autres comparent ma vie à la leur, et m'aident "pour mon bien et celui des enfants" à retrouver ma route/case.

Pour les autres, ma "folie" à instruire les Barbaloulous jusqu'au diplôme, leur causera échec professionnel, social et personnel. Pour les autres, je n'y suis pour rien que mes plus grands soient diplômés, en études supérieures, et bossent. Non, là c'est parce qu'ils ont été scolarisés sur la fin. Je devrai le voir par moi-même que c'est grâce à l'école qu'ils sont là où ils en sont aujourd'hui.

Pour les autres, faudra pas que je m'étonne de ce qui arrivera dans l'avenir, car après tout :

{"C'est moi qui l'ai voulu!"}

Alors aujourd'hui, je profite de mon blog pour poser des mots. Aujourd'hui, je suis fatiguée, épuisée, déçue, en colère, car je n'ai pas encore trouvé mon rythme/organisation. Aujourd'hui, j'ai envie de chialer parce que ouais, des fois, je me sens super nulle niveau organisation. J'ai envie de chialer, parce que je me dois de refaire tout le programme d'un de mes Barbaloulou, pour l'adapter à son trouble dys-, découvert ces derniers jours. Aujourd'hui, je le dis HAUT et FORT : 

J'AI LE DROIT DE ME TROMPER, de râter, d'échouer.

Ce n'est pas parce que j'ai choisi de faire l'IEF, que je suis infaillible, infatigable...wonderwoman. J'ai une vie en plus de l'IEF. J'essaie de me donner les moyens d'apporter à mes enfants, les clés de ce que j'estime utile pour les aider à construire leur vie d'adulte.

On a toujours le choix du chemin qu'on souhaite prendre (avoir le choix ne rend pas ces chemins plus simples, ça ouvre juste la liberté de choisir).

On n'est pas obligé d'être sous les ordres de quelqu'un pour être.

On n'est pas obligé d'être enfermé pour apprendre.

Il n'y a pas qu'un lieu pour apprendre.

Il n'y a pas qu'une façon d'apprendre.

On n'apprend pas sur une durée limitée dans le temps.

On ne devient pas des femmes et des hommes en rangeant notre chambre (Barbamamy pourra l'attester, j'étais la reine des glandue étant enfant! Mouhahaha).

On apprend tous les jours de notre vie, jusqu'à notre dernier souffle.

Alors OUI, c'est MOI qui l'ai voulu, mais en fait :

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N'hésite pas à commenter, car tu le sais....ça fait toujours plaisir d'interagir dans les deux sens ;) ! (même si je ne le fais pas dans la foulée! LOL)

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